Quand les partenaires deviennent colocataires
« Nous sommes devenu des colocataires plutôt qu’un couple. »
C’est une phrase que j’entends régulièrement en consultation.
Il n’y a pas forcément de grandes disputes. Parfois même, le couple fonctionne plutôt bien. On gère les enfants, la maison, les courses, les horaires. On se parle.
Mais essentiellement de ce qu’il faut faire.
On fonctionne ensemble. On ne se retrouve plus vraiment.
Et peu à peu une question apparaît : Est-ce que nous sommes encore un couple ?
Vivre comme des colocataires ne veut pas forcément dire ne plus s’aimer
Quand un couple s’éloigne, on peut rapidement interpréter cette distance comme une disparition des sentiments.
Pourtant, ce n’est pas toujours l’amour qui a disparu.
C’est parfois le lien qui n’est plus suffisamment nourri.
Les conversations deviennent pratiques. Les gestes d’affection diminuent. La sexualité peut s’espacer. Chacun vit davantage de son côté.
On peut alors continuer à aimer l’autre tout en ne se sentant plus vraiment en relation avec lui.
« On ne fait plus rien ensemble »
C’est souvent l’un des premiers constats.
Alors on essaie parfois de programmer un restaurant, un week-end ou une activité à deux.
Cela peut faire du bien.
Mais retrouver la complicité dans son couple ne consiste pas uniquement à faire davantage de choses ensemble.
On peut passer une soirée à deux et continuer à se sentir seul.
Ce qui manque parfois est ailleurs : se sentir regardé, écouté, désiré, soutenu. Sentir que ce que l’on vit intéresse encore l’autre.
En somme : sentir que l’on compte encore dans son monde.
Comment en arrive-t-on là ?
Rarement d’un seul coup.
Le quotidien prend de la place. La fatigue aussi.
On reporte certaines conversations. On se raconte moins. On se touche moins. Des déceptions s’accumulent.
Et parfois un cycle s’installe.
L’un réclame davantage de présence ou d’attention.
L’autre entend surtout les reproches et se retire.
Plus l’un insiste, plus l’autre s’éloigne.
Plus l’autre s’éloigne, plus le premier se sent abandonné.
Petit à petit, chacun se protège.
Et le couple devient très efficace pour fonctionner, beaucoup moins pour se rencontrer.
Avant de vouloir retrouver votre couple, posez-vous cette question
Qu’est-ce qui me manque réellement aujourd’hui dans cette relation ?
De la tendresse ?
De la sexualité ?
Des conversations ?
De la légèreté ?
Le sentiment d’être une priorité ?
La possibilité de parler sans que cela finisse en conflit ?
Parce que dire « nous sommes devenus des colocataires » décrit une situation.
Mais cela ne dit pas encore ce qui s’est perdu entre vous.
Et c’est souvent par là qu’il faut commencer.
Peut-on retrouver du lien ?
Oui, dans certaines relations.
Mais pas en essayant simplement de reproduire le couple d’avant.
Il s’agit plutôt de comprendre comment la distance s’est installée, ce que chacun vit aujourd’hui et ce qui pourrait permettre à la relation de redevenir un espace dans lequel chacun se sent présent pour l’autre.
Parfois, cela commence par de toutes petites choses.
Se reparler autrement.
S’intéresser de nouveau à ce que l’autre vit.
Nommer un besoin plutôt que formuler un reproche.
Remettre de l’attention là où l’habitude s’est installée.
Avant de chercher à tout réparer, il faut parfois simplement comprendre ce qui s’est passé.
Vous avez l’impression d’être devenus des colocataires ?
J’ai créé le workbook « Retrouver du lien quand on devient colocataires » précisément pour vous aider à faire ce travail.
Il vous permet d’identifier ce qui s’est progressivement perdu dans votre relation, de mieux comprendre ce qui entretient aujourd’hui la distance et de réfléchir à ce qui pourrait recréer du lien.
À votre rythme.
Stéphanie Walker – Thérapeute de couple


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